Documentaire « Clemenceau, retours en Vendée »

Un documentaire sur Georges Clemenceau tourné en Vendée

 

En mars dernier, la maison natale de Georges Clemenceau à Mouilleron-en-Pareds a eu le plaisir d’accueillir Jean Artarit, auteur du récent ouvrage « Clemenceau, un destin » ainsi que Robert Genoud, auteur-réalisateur depuis 1989. Ensemble, ils ont écrit un film de 52 minutes « Clemenceau, retours en Vendée ». Le lieu de naissance du Père la Victoire y a trouvé tout naturellement sa place ! Réalisé par Robert Genoud et produit par Callysta productions, ce film est soutenu par la Région Pays de la Loire et la Mission centenaire de la Première Guerre mondiale. Il sera diffusé sur Public Sénat et Télénantes. Nous vous tiendrons prochainement informés des dates de diffusion.

« L’examen d’une personnalité hors norme »

 

Voici, en quelques lignes résumées, la présentation du futur documentaire par leurs auteurs.

Après l’année terrible de 1917, Georges Clemenceau mène la France en guerre à l’armistice du 11 novembre. Quelle force de caractère habite ce vieil homme malade de 76 ans ? Comment s’est construite cette « formidable confiance en soi » dont le peuple des tranchées a un besoin vital ? Georges Clemenceau est l’héritier direct des guerres civiles françaises, passées et récentes. Mais il est encore le fils d’un républicain austère dont la figure tutélaire le hante et, le jour venu, le maintient dans des convictions sans faille. S’inspirant en partie des analyses du psychiatre et historien Jean Artarit, le film fait l’examen d’une personnalité hors norme. Un travail qui passe nécessairement par la Vendée et Nantes, où le Père la Victoire est né, a vécu jusqu’à l’âge adulte, et n’a cessé de revenir tout au long de sa vie pour y être enterré aux côtés de son père. Ci-dessous, photos d’une visite sur le littoral vendéen – Collection du musée Clemenceau- de Lattre.

Souvent dans le cours de l’histoire, la personnalité d’un grand homme est entrée en concordance avec l’aspiration profonde d’un peuple, ou tout au moins d’une majorité de ses membres. Il semble que ce fut le cas durant l’année 1918 entre Clemenceau et les Français. A travers son histoire personnelle et publique, il condense tous les caractères de la France d’alors. Grâce à sa personnalité hors norme, il offre également la formidable confiance en soi dont ils avaient un besoin vital. Comment s’est construite cette « formidable confiance en soi » ?

Dans sa jeunesse et durant une longue partie de son âge mûr, Georges Clemenceau semble comme entravé par sa relation quasi fusionnelle avec son père et l’image que lui renvoyait ce dernier. Même dans ses tentatives de rompre des liens trop pesants, il reste dépendant de son père, en particulier à l’occasion des fréquentes crises qui jalonnent son existence et le ramènent immanquablement en Vendée, auprès des siens. A travers son père Benjamin à qui le lie un serment d’adolescent (« Je te vengerai ! ») ou l’affection sans failles de sa mère, il trouve les moyens de recouvrer la cohésion de sa personnalité.

Lors de son long voyage de jeunesse en Amérique ou pour ses multiples entreprises de presse, le père, souvent dubitatif, ne manque jamais d’apporter son soutien au fils. Figure tutélaire omniprésente dans la vie de Clemenceau, le père est sans doute le verrou qui lui interdit d’accéder symboliquement aux responsabilités gouvernementales. Jamais, il ne tente de surpasser l’exemple paternel, jusque dans la mort où leurs deux sépultures se côtoient, sur un pied d’égalité absolue. C’est seulement après la mort de ses parents, au tournant du siècle, qu’il s’autorise à devenir ministre de la République et acquiert enfin l’assurance intime qui, le jour venu, lui permet d’entraîner le peuple des tranchées vers l’armistice.

En résumé, Georges Clemenceau présente une personnalité qui, avec le temps et grâce à l’attention continue de ses parents, est parvenue à surmonter ses crises narcissiques, et à transformer en atouts ses failles intimes, au bénéfice du plus grand nombre.

Texte de Jean Artarit et Robert Genoud
Photo de Georges Clemenceau à l’âge de 16 ans – Collection du musée Clemenceau- de Lattre // Photos du tournage Mehdi Media

 

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