Les conceptrices du jardin – Interview

L’aménagement du futur jardin du musée témoigne de l’attachement profond de Georges Clemenceau à la nature. L’espace extérieur, d’une superficie de 1255m2, va ainsi offrir une déambulation où le paysage évoluera progressivement tout au long du chemin. La conception du jardin a été confiée à l’équipe du bureau d’étude nantais De Long en Large. Deux paysagistes Émeline Escats-Guillou et Julie Lemanissier y suivent les projets.

 

3 questions à Émeline Escats-Guillou, Ingénieur-paysagiste

 

Votre structure a conçu le jardin à l’entrée du musée. S’agit-il d’une création ou d’une reconstitution d’après photos anciennes de la maison natale de Georges Clemenceau?

Il s’agit d’une création… fortement inspirée par l’histoire et le « génie » des lieux. Les photos anciennes nous ont servi dans le processus créatif et pour certains détails. Les volières, par exemple, sont des éléments que nous avons reconstitués d’après des documents d’archive.

Quel univers réservez-vous aux futurs visiteurs?

Nous avons souhaité affirmer ce lieu en tant que jardin de maison. On pourrait parler de l’univers du jardin en racontant trois petites histoires.

La première histoire, c’est celle du lieu. Le projet de jardin s’inscrit avec respect dans un lieu à la fois simple et fort avec un très bon ensoleillement et la présence de murs anciens en pierre locale. Il y a aussi des vues que l’on devine mais qui sont à libérer : vers les éléments du paysage local (le temple, l’église) et du grand paysage (les collines bocagères). Cette première histoire s’exprime dans les proportions du projet et par les matériaux employés.

 

La deuxième histoire, c’est celle d’une famille. Nous avons conservé l’ambiance domestique du jardin en s’inspirant des usages que l’on pouvait y trouver (verger, potager, serre, volière…). Le visiteur, comme s’il faisait partie de la famille, rentre dans ce jardin par la porte du fond ; Il le découvre en commençant par ses coulisses. C’est un jardin d’enfance comme un souvenir : on remonte le jardin, comme on remonterait le temps.

La troisième histoire, c’est celle d’un homme, Clemenceau. Nous avons gardé, de façon subjective, ce qui nous a marqué chez lui : son attachement à la nature et au jardin, sa grande amitié avec Monet, sa passion pour l’Asie. Cette troisième histoire s’exprime par clins d’œil dans le choix des plantes. Plusieurs d’entre elles ont été sélectionnées en raison de leur origine ou de leur évocation asiatique (érables du japon, cerisier fleur, chrysanthèmes…). Les associations végétales sont foisonnantes avec des variations de couleurs, de textures, d’odeurs… en écho à la sensorialité et aux vibrations des tableaux impressionnistes.

 

Avez-vous prévu une gestion écologique de ce jardin ?

Le jardin est conçu en intégrant les enjeux écologiques. Le respect des sols et l’économie de la ressource en eau notamment sont des données que nous intégrons toujours dans les projets. La gestion écologique du jardin est ainsi anticipée.

Photo des travaux d’aménagement du jardin – Janvier 2018 ©Mehdi Média

Merci à Émeline Escats-Guillou, du bureau d’étude et conception de paysages De Long en Large d’avoir répondu à nos questions.

Propos recueillis par Katia Massol