Le Musée Clemenceau à Paris

Après la découverte de la maison de villégiature à St-Vincent-sur-Jard où Georges Clemenceau se ressourça à la fin de sa vie, nous vous emmenons dans un autre lieu clé de sa vie : son appartement rue Franklin, dans le 16ème arrondissement de Paris, où il résida durant trente-cinq ans jusqu’à sa mort en 1929. Cet appartement, devenu musée ouvert au public à partir de 1931, a également amorcé en 2017 un ambitieux chantier de rénovation. Nous vous proposons de le découvrir ensemble.

 

MODERNISATION DE LA GALERIE DOCUMENTAIRE DU MUSÉE CLEMENCEAU

 

Pour célébrer l’arrivée au pouvoir de Georges Clemenceau en novembre 1917, le musée Clemenceau va moderniser sa galerie documentaire installée dans les années 30, avec le soutien notamment du Ministère de la Défense. Cet espace retrace la vie et l’œuvre du Père la Victoire à travers de nombreuses archives. A cette occasion, le premier étage sera fermé du 18 avril au 3 octobre (ouverture prévue). L’appartement de Clemenceau restera ouvert à la visite le temps des travaux. Dans le cadre du Centenaire de la Grande guerre, le cabinet de travail et le vestibule de l’appartement du Tigre avaient fait l’objet d’un premier chantier de restauration en 2015.

 
 

Photos du cabinet de travail de Clemenceau avant restauration à gauche et après restauration à droite (©Gil de Bizemont, Paris, coll. musée Clemenceau)

L’histoire du musée Clemenceau

Georges Clemenceau s’installa rue Franklin, dans le 16ème arrondissement, en 1895, peu de temps après l’affaire de Panama à la suite de laquelle, calomnié, il perdit son siège de député. Il vécut dans ce modeste appartement de trois pièces sur jardin avec vue sur la tour Eiffel, durant trente-cinq ans, jusqu’à sa mort le 24 novembre 1929. Clemenceau ne quitta jamais cet appartement même quand il exerça, par deux fois, les fonctions de président du Conseil – d’abord comme ministre de l’Intérieur, entre octobre 1906 et juillet 1909, puis comme ministre de la Guerre entre novembre 1917 et janvier 1920 – se refusant chaque fois à habiter dans les palais officiels, car il ne souhaitait pas « vivre en meublé » selon ses propres termes. Cet appartement de trois pièces, Clemenceau l’avait « conçu pour le travail, le repos et le commerce des amis ». Il retrouvait « des livres, à foison et, aux murs, de nombreux souvenirs de famille, de voyage ou d’amitié » tandis que le petit jardin satisfaisait « son goût pour l’air libre, les fleurs, la compagnie de ses chiens et volatiles » (il y avait installé un poulailler).

La propriétaire de l’immeuble, sachant ses ressources modestes, s’interdit d’augmenter le loyer, laissant comme consigne à ses héritiers de faire de même. Mais ceux-ci, incapables de s’entendre, mirent à sa mort l’immeuble en vente en 1926. Georges Clemenceau se résigna alors à l’idée qu’il lui fallait habiter à l’année dans la petite maison de vacances qu’il louait en Vendée, à Saint-Vincent-sur-Jard. Au lendemain de la mise en adjudication de l’immeuble, Clemenceau reçut rue Franklin la visite du nouveau propriétaire, un Américain du nom de Bacon. Celui-ci était le conseil à Paris d’un riche entrepreneur d’origine canadienne, James Stuart Douglas, qui possédait des mines en Arizona et admirait beaucoup Georges Clemenceau (il avait créé pour l’exploitation de sa mine une petite ville nommée Clemenceau). Il lui avait donné le pouvoir d’enchérir sans limite et, le cas échéant, « de passer outre à toute objection du Tigre ». C’est ainsi que le 18 mai 1926, après des enchères disputées entre les pères jésuites qui voulaient agrandir leur propriété voisine (où est installée l’école Saint-Louis de Gonzague) et M. Bacon lui-même, l’immeuble fut adjugé à ce dernier.

Après la mort du Tigre, une Fondation fut créée dont l’objet est « de perpétuer le souvenir intime de Clemenceau en conservant dans l’état où il se trouvait le jour de son décès l’appartement qu’il avait occupé durant trente-quatre ans, et en recueillant dans l’immeuble tous objets ou livres propres à servir sa mémoire ».  Les trois enfants du Tigre, Michel, Thérèse et Madeleine firent don à cette fondation de l’essentiel du contenu de l’appartement. Devenu musée, celui-ci fut ouvert au public en 1931 puis complété quelques années après par l’ouverture d’une galerie documentaire, au premier étage, qui retrace la vie et l’œuvre de Georges Clemenceau. L’appartement et le jardin de Clemenceau ont été classés, en 1955, au titre de Monuments Historiques et reçurent, en 2012, le label des « Maisons des Illustres ».

La modernisation de la galerie documentaire

Ouverte au public le 6 mai 1937, la galerie documentaire située au-dessus de l’appartement de Clemenceau (1er étage), a été inaugurée le 19 mai 1937, puis quelques jours plus tard, par Albert Lebrun, Président de la République (29 mai). La galerie rassemble des objets et documents, offerts pour les uns par des proches du Tigre, achetés pour les autres au fil du temps. La vie et l’œuvre de Georges Clemenceau y sont présentées de façon chronologique. Une grande partie du mobilier d’exposition a été prêté par le Ministère des Beaux-Arts. En 2015, le conseil d’administration décide de moderniser la galerie documentaire à l’occasion du centenaire de l’arrivée au pouvoir de Clemenceau en novembre 1917. Le musée Clemenceau a entrepris une collecte de fonds auprès de mécènes publics – dont la Section « Valorisation des nécropoles et Tourisme de mémoire », (SGA/DMPA) du Ministère de la Défense – et privés afin de financer les travaux de modernisation.

Le projet scénographique a été confié à l’atelier Deltaèdre avec pour approche « de montrer moins pour montrer mieux » en intégrant l’utilisation de moyens modernes de médiation (diaporamas, projections, applications interactives…). La surface d’exposition est agrandie par l’annexion des réserves du musée (qui ont été déplacées à cette occasion). Le chantier gros œuvre doit durer trois mois. Le montage des vitrines aura lieu en septembre et l’ouverture au public le 3 octobre. Le parcours sera surtout thématique (Les Terres de Clemenceau, Le combattant politique – L’homme d’État, L’homme de lettres – L’ami des artistes). Une salle sera réservée aux expositions temporaires (il est prévu deux expositions par an). A cette occasion, le musée va également revoir sa signalétique intérieure et extérieure ainsi que la refonte son site web.

Salle 1 – Les Terres de Clemenceau

Salle 2 – Clemenceau L’homme d’État, le combattant politique

Salle 3 – L’Homme de lettres, l’ami des artistes

Les membres du Comité de la modernisation de la Galerie Documentaire pour le musée Clemenceau : Jean-Noël Jeanneney, Jacqueline Sanson, Laurence Devinat, Marie-Hélène Joly, Valérie Joxe et Lise Lentignac.

Calendrier
Fermeture du 1er étage : mardi 18 avril 2017 – réouverture prévue : mardi 3 octobre 2017 à 14h00.
L’appartement de Clemenceau restera ouvert à la visite le temps des travaux.

Maîtrise d’ouvrage
Fondation du musée Clemenceau

Scénographie
Atelier Deltaèdre
18 rue de la Sablière, 92600 Asnières-sur-Seine

La rénovation de la galerie documentaire a été rendue possible en 2017 par l’aide et le soutien du Ministère des Armées, Direction des Patrimoines, de la Mémoire et des Archives, du Ministère de la Culture et de la Communication et de la Ville de Paris. Elle a aussi bénéficié du mécénat de la DCNS, de la Caisse des Dépôts, de COVEA et des Aéroports de Paris.

Pour conclure, découvrez quelques photos du chantier en cours.

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